Histoire du quartier, passé et présent

Genèse

Le terrain constituant le quartier de Gambach appartient, au 15e siècle, à un notable de Fribourg: on le désigne par le nom de son propriétaire, le "pré Jean Gambach". Il se situe alors en dehors de l'enceinte, au-delà de la porte des Etangs. Jean Gambach, à la différence de ses ancêtres, fameux fabricants de faux, s'engage dans une carrière politique: banneret des Hôpitaux, puis membre du Petit Conseil et enfin bourgmestre; son ascension politique est couronnée par l’anoblissement reçu de Frédéric III. A la suite de fluctuations politiques qui l'entraînent dans un camp adverse, il est banni et emprisonné. Il réapparait sur la scène politique à la tête du parti opposé à l'Autriche. Réélu membre du Conseil en 1450, il devient chef du gouvernement pendant plusieurs années. Il meurt en 1474 léguant une partie de ses biens dont le pré qui porte son nom à l'hôpital Notre-Dame qui en reste le propriétaire jusqu'à la fin du 19e siècle.

Un imprimé, daté de 1894, intitulé "Le Conseil Communal de la ville de Fribourg au Conseil général" nous renseigne sur la création du quartier. A l'origine, un fait anodin: la vente d'une parcelle de terrain, située sur le "pré de l'Hôpital". Le Conseil d'Etat prie alors le Conseil communal de prévoir un plan d'alignement pour d'éventuelles constructions. "Cette demande a fait naître au sein du Conseil communal l'idée qu'il serait avantageux pour la ville d'acquérir l'ensemble du domaine de Gambach et d'en affecter la partie la plus favorable à la création d'un nouveau quartier". Les considérations financières semblent prépondérantes dans la réalisation du quartier. Le message contient une évaluation de l'opération confrontant dépenses et recettes. Il en ressort un bénéfice de 120'000 fr. D'autres arguments sont avancés pour montrer le côté désintéressé des autorités : "L'intérêt qui s'attache à cette entreprise est très grand: il a trait au développement de la ville et, par conséquent, au bien-être de la population et spécialement de la classe ouvrière. Celle-ci trouverait, dans la construction du quartier, du travail pour un grand nombre d'années."

Le Conseil général désigne une commission chargée d'étudier la question de l'achat du "pré de l'Hôpital". Celle-ci, réunie les 15 et 22 février 1894, ne discute pas l'acquisition du terrain qui semble admise mais les conditions de l'achat. L'avocat Bielmann, membre de la commission, relève la pertinence d'une telle décision: "Sans aucun doute, on cherche à bâtir; il faut favoriser ce mouvement." La décision de s'approprier le terrain est prise au courant de l'année 1894 car, le 30 octobre, le Conseil communal demande au Conseil d'Etat d'homologuer la transaction faite avec l'Hôpital des Bourgeois. La Commune de Fribourg se propose ainsi d'être le promoteur du nouveau quartier. Avant même la ratification du Conseil d'Etat, des divergences apparaissent quant à son aménagement: à la fin de l'année 1894, une conférence réunit M. Cardinaux, directeur des Travaux publics, MM. Fraisse et de Weck, conseillers communaux, au sujet d'un futur plan d'aménagement pour lequel ils semblent avoir tous deux fourni un projet, car le rapport du Conseil d'Etat mentionne la décision de soumettre les deux plans à trois experts choisis, le premier par le Conseil d'Etat, le deuxième par le Conseil communal et le troisième par les deux autorités et à l'extérieur du canton.

Le développement de la ville vers l'ouest ne fait pas, à la fin du siècle, l'unanimité de tout un chacun. Ainsi, un article de La Liberté du 8 février 1895 remet en question l'agrandissement de la ville par les quartiers de Gambach et de Pérolles qu'il juge "excentriques", "isolés", trop éloignés du centre-ville qui demeure encore le Bourg. Il verrait plutôt une extension entre le Varis et le rempart. "En plus, objecte le quotidien, ces terrains semblent insuffisants pour tous les projets qui sont en l'air." L'article ne nomme pas les partisans de cette résistance au choix des deux quartiers.

En 1896, nous apprend le compte-rendu de la séance du 17 avril de la SIA fribourgeoise "Adolphe Fraisse présente les différents projets élaborés pour la création du nouveau quartier à Gambach". De quels plans s'agit- il ? Il est impossible de répondre car aucune autre indication n'est donnée.

Le 7 janvier 1897, un concours s'ouvre aux architectes et ingénieurs pour établir un plan d'aménagement. La SIA fribourgeoise en critique le programme, lors de la séance du 4 février, pour son énoncé imprécis. La Liberté du 29 juin annonce l'issue du concours, le samedi 26, où les noms des auteurs des projets ont été dévoilés. Le jury se compose de MM. Fluckiger, directeur des Travaux de la Confédération, Perrier, architecte à Neuchâtel et Bezencent, architecte à Lausanne. Trois projets sont primés: le premier prix revient à 'Protège-toi toi-même" de l'ingénieur Rodolphe de Weck, le deuxième à "Betzi" de l'architecte Rodolphe Spielmann, le troisième à "Fribourg XXe siècle" de l'architecte F. Broillet et l'ingénieur Jules Jaeger. La communication de La Liberté ne commente les projets ni n'indique le nombre des concurrents. Les primes s'élèvent respectivement à 800, 400 et 500 francs. Le 25 août, le Conseil communal soumet le projet retenu à l'approbation de la Direction des Travaux publics. En février 1898, le Conseil d'Etat adopte le projet mais demande une discussion entre la Direction des Travaux publics et la Commune au sujet des modifications proposées par l'ingénieur A. Gremaud. Le 4 mai 1898, le plan est définitivement approuvé avec des réserves consistant en trois points ne touchant pas à l'aménagement même du quartier mais à son raccordement avec le reste de la ville: il s'agit d'abord d'élargir le passage sous-voie de Tivoli en le faisant aboutir au carrefour de la Gare, de "prolonger l'avenue intérieure, parallèle à l'avenue de la Tour Henri à travers le cimetière" et de construire une grande avenue continuant la rue de l'Hôpital jusqu'à sa jonction avec la route Fribourg-Payerne. Le plan d'aménagement entériné, le Conseil d'Etat autorise la Commune à acheter le "pré de l' Hôpital", propriété de l'Hôpital des Bourgeois. La vente a lieu le 6 juillet 1898 en présence des notaires Alphonse Bourgknecht et Paul Droux: le prix du terrain, mesurant 33 hectares 40 ares (33 poses) s'élève à 250'000 Fr. moyennant un taux de 3 1/2 %.

Les mesures régissant la construction dans le quartier sont contenues dans un rapport établi en vue de la vente de plusieurs parcelles, le 9 août 1898, sous la forme d'enchères publiques. Il semble que dès l'origine la Commune destine le terrain à la construction de villas tout en se gardant le droit d'y établir des bâtiments publics. Le rapport se compose d'une vingtaine d'articles, nous en reproduisons les plus significatifs:

  • art. 9: "La ville se charge à ses frais de tous les travaux de routes et de canalisation d'égoûts collecteurs..."
  • art. 11: "Les façades des villas devront être alignées d'après le plan d'aménagement"
  • art. 12: "Les villas comporteront au moins un rez-de-chaussée et un étage. Elles devront être d'une architecture convenable et élégante. Leur hauteur minimum sous la corniche d'avant-toit sera de 1m et leur hauteur maximum de 10m."
  • art. 13: "Toutes les constructions devront avoir leurs façades, ainsi que les corniches et les consoles d'avant-toit en pierre, conformément à l'article 29 de la loi du 21 mai 1872 sur la police du feu"
  • art. 14: "Les bâtiments dont les façades donnent sur les deux routes ou sur un carrefour devront avoir ces façades d'une architecture semblable.
  • art. 15: "En bordure des routes, les terrains devant des villas devront être clos par des grilles de fer, selon les plans approuvés par le Conseil communal. Ces grilles devront reposer sur un socle de pierre dure et n'avoir pas moins de 1,20m de hauteur depuis le socle."

Quatre ans de tractations sont donc nécessaires à l'élaboration du quartier qui donne lieu à plusieurs projets d'aménagement avant la mise sur pied d'un concours. Dès 1898, les parcelles sont prêtes à recevoir les premières villas: "L'occasion offerte est bonne pour les personnes qui auraient l'intention de se créer un "home" ayant tous les avantages recommandés au point de vue de l 'hygiène et des agréments de la vie." ("Le Confédéré" du 5 mai 1905).

Les différents plans

La structure actuelle du quartier avec ses larges avenues coupées perpendiculairement par un chemin médian s'inspire d'un plan conçu par l'ingénieur Rodolphe de Weck. Son projet, partiellement réalisé, est choisi à l'issue d'un concours organisé par la Commune en 1897. La Liberté du 29 juin donne connaissance, sans commentaire, des noms des lauréats. Nos recherches dans cette direction n'ont pas abouti comme nous l'aurions souhaité. L'identité des participants, leur nombre et leurs projets restent en partie inconnus. Mais aux plans de Rodolphe de Weck et d'Adolphe Fraisse (déjà publiés dans "Pro Fribourg" No 40 de mars 1979, "Fribourg 1900"), nous pouvons ajouter ceux de F. Broillet et de Darinet, architecte à Berne.

Des plans dressés parallèlement aux négociations initiales ouvrent un débat au niveau des autorités mais ne sont pas retenus. Le projet de A. Fraisse (1893), qui annexe le terrain jusqu'à la route du Jura, appartient à cette première phase. Deux avenues principales alternant avec deux routes secondaires, coupées par une voie médiane, déterminent la structure du quartier. Les bâtiments, élevés en amont des avenues, ne jouissent d'un jardin qu'à l'arrière des propriétés. Une même rigueur dans le tracé orthogonal des voies caractérise le projet d'un quartier de villas zurichois, sis entre la Sihl, la Waffenplatzstrasse et la Brunau-Strasse, élaboré par les frères Reutlinger. Le plan, publié en 1892 dans la SBZ, a peut-être influencé l'architecte fribourgeois. (Neues Villen-Quartier in Zürich, 5BZ, Bd. XIX p.ll8)

Le projet de F. Broillet, marqué d'un sceau contenant la signature de l'auteur, est réalisé sur papier calque (Aux AEF, Dossier plans XI). Il ne porte ni date ni titre mais on peut supposer qu'il s'agit là de son plan "Fribourg XXe siècle" qui obtient le troisième prix et auquel a collaboré l'ingénieur Jaeger. Le terrain, qui s'étend jusqu'à la route du Jura, comprend un réseau de routes principales (horizontales) et secondaires (verticales). L'axe central, s'évasant en rondspoints à l'intersection des avenues horizontales, constitue une voie large et arborisée. Les routes verticales, parallèles à l'axe central, découpent le quartier en de nombreux îlots irréguliers. Deux bâtiments sont insérés dans le projet du futur quartier: l'Université et le Musée. Le premier, sis sur l'ancien emplacement de la ferme de l'Hôpital, occupe une position axiale et dominante. Le second, implanté sur la gauche du plan, se trouve dans l'axe de l'avenue horizontale médiane. Ce projet a l'avantage sur celui primé de créer une tension plus grande entre les différentes parties du quartier et de déterminer, avec l'Université et le Musée, deux pôles majeurs.

Les Archives de l'Etat de Fribourg possèdent la copie d'un plan sur papier calque conçu par Darinet, architecte à Berne. Faisant abstraction des conditions topographiques, l'auteur semble accorder plus d'importance au dessin qui régit l'organisation du quartier qu'à l'opportunité de sa réalisation: les voies de communication dessinent un losange qui renferme le motif d'une croix et dont les sommets coïncident avec des ronds-points. La mise en évidence de l'axe médian et de la partie supérieure du quartier est commune aux plans de Broillet et de Darinet.

Le projet de l'ingénieur Rodolphe de Weck définit un espace résidentiel plus étroit que les précédents mais plus haut dans lequel les avenues suivent un tracé sinueux formant de vastes lotissements. La partie supérieure du plan et la route contournant le quartier au sud-est ne sont pas réalisées. De plus, la rue des Ecoles n'est pas indiquée sur le plan. L'ingénieur cantonal A. Gremaud, dans une lettre destinée à la Direction des Travaux publics relève les avantages qu'il décèle dans ce plan: "Monsieur Weck, l'auteur du projet a mieux compris que M. Fraisse la manière de traiter cette question. Ce dernier avait tracé des rues au hasard sans se préoccuper de la topographie du terrain, tandis que M. Weck a disposé les rues suivant la configuration du terrain et elles forment ainsi de longs lacets. En outre, le projet de M. Fraisse n'était nullement relié à la ville par des passages praticables à travers la voie ferrée; il maintenait les passages à niveau actuels comme s'il s'était agi de créer une petite ville indépendante de celle de Fribourg, M. Weck par contre prévoit autant que l'on peut en juger par l'examen du plan un passage supérieur à la porte de l'Etang et un passage inférieur sous Tivoli." (Manual du Conseil d'Etat, 1.9.l897).

Les projets retrouvés sont intéressants à plus d'un titre. Non seulement ils laissent entrevoir la personnalité des architectes qui les ont conçus mais aussi ils témoignent de l'image qu'on se fait alors d'un quartier résidentiel moderne. Si aujourd'hui la tendance prévaut à rassembler les types de construction semblables, à l'époque les villas voisinent avec des édifices de prestige. Il faut aussi souligner la grandeur et la prétention d'un tel projet pour une petite ville comme Fribourg au début du siècle.

Les étapes de la construction (1890 - 1930)

En 1898, le pré de l'Hôpital passe de la qualité de domaine quartier résidentiel. La ferme, qui l'entretenait, située à l'avenue du Moléson, est détruite en 1927.

Le quartier, à ses débuts, se développe en deux moments distincts: 1898 et 1905. Après la ratification du plan d'aménagement par le Conseil d'Etat, quelques parcelles sont vendues. La Liberté du 25 septembre informe sur la vente de quatre parcelles lors d'une mise: un lot de 2640m2 à 6,10 fr. le m2 revient à M. Bochud, charpentier; un lot de 3190m2 à 6,30 fr. à M. Blancpain, brasseur; un lot de 1190m2 à 6,30 fr. à M. Kollep, peintre, et Gross, charpentier, et un lot de 1140 m2 à 6,10 fr. à Mlle Beuké, rentière. Le prix du m2 au-dessus de 6 fr. dépasse de loin les pronostics de la commission chargée par la Commune d'étudier l'acquisition du terrain qui l'estimait aux environs de 4 fr. Un membre avait cependant émis l'hypothèse d'un prix supérieur. A la fin de l'année 1898, plusieurs plans de construction sont approuvés: il s'agit de ceux des villas avenue de Gambach 14 et avenue du Moléson 17 et des bâtiments locatifs avenue du Moléson 2-4, 6-8, 10-12. La première implantation a lieu dans la partie supérieure, au sud-ouest du quartier ainsi que le long de sa colonne vertébrale, les escaliers du Guintzet. A l'exception de la villa Kollep et Gross, construite par l'architecte zurichois Jaeggli, toutes les autres constructions sont du bureau de L. Hertling.

Après la première phase de construction de 1898, suit une période de quelques années, chevauchant le tournant du siècle, sans nouvelle construction. En 1903, l'activité architecturale reprend avec la villa d'Achille Blancpain, avenue du Moléson 15. En 1904, s'élève la villa de M. Trincano, avenue de Gambach 16 par L. Hertling et celle de l'entrepreneur Ch. Winckler, avenue du Moléson 14, par lui-même. Les quelques villas bâties entre les deux phases principales prolongent encore l'occupation du quartier commencée en 1898. Par contre, la phase de 1905 suit une nouvelle orientation, échelonnant ses villas de part et d'autre de l'avenue de Gambach. Une dizaine de villas voient le jour: les villas Jumelles no 5-7 de la famille de Reyff, la villa no 9 de M. Schachtelin, le no 11 de M. Wicht, le no 18 de M. Granicher, le no 19 de M. Mayer, le no 20 de M. Corboud, le no 21 de M. Mayer, le no 23 de M. Reynold et le 25 de M. de Weck. La tâche est répartie très inégalement entre trois bureaux: celui de E. Weber qui réalise le no 11, celui de F. Broillet et C-A. Wulffleff les nos 19 et 23, le reste revient à celui de L. Hertling qui accuse alors une intense activité. La même année, s'élève, à la rue des Ecoles, l'Ecole primaire et secondaire des filles sur les plans de L. Hertling. Elle restera jusqu'en 1916 l'unique construction de la partie inférieure du quartier. Ce dernier, bien que conçu essentiellement comme lieu résidentiel, est pourvu, dès le début, de bâtiments publics dont les types se limitent aux écoles, aux hôpitaux et aux instituts. Le souhait, exprimé en 1895, par le Conseil communal de voir s'élever la Faculté des Sciences à Gambach montre son intention d'ouvrir le quartier à d'autres fonctions que celle exclusivement résidentielle. (La Liberté du l.6.l895).

Deux grands bâtiments sont construits, en 1906, dans le haut du quartier: ce sont la clinique ophtalmologique par L. Hertling et le Convict Salésianum par F. Broillet et C-A. Wulffleff. La phase 1905-1906 marque, avec l'égrenage de villas le long de l'avenue de Gambach et leur qualité architectonique ainsi qu'avec l'édification de constructions grandioses, l'apogée du quartier. Les années qui suivent jusqu'à l'achèvement de l'occupation en 1928 ne retrouvent plus une telle dynamique. Les villas vont s'élever irrégulièrement par petites unités. En 1909, E. Devolz construit le no 17 avenue de Gambach et E. Heman, architecte de Bâle, qui a fait les plans de l'Ecole réformée (1905), élève le no 7 avenue Weck-Reynold. En 1911, G. Meyer construit le no 18 avenue du Moléson et P. Meneghelli le no 1 avenue de Gambach. En 1912, J. Clerc, entrepreneur, bâtit le no 25 avenue du Moléson. Les années 10 voient apparaître de nouveaux architectes: E. Devolz, G. Meyer et P. Meneghelli. Les deux premiers auront à leur actif plusieurs villas à Gambach. Durant la première guerre mondiale, la construction est ralentie mais non stoppée: en 1914, l'Ecole supérieure de commerce est construite par L. Jungo. Sous l'impulsion de l'Exposition nationale de Berne qui remet à l'honneur l'architecture indigène, deux chalets sont construits à l'avenue du Moléson 31 et 37 en 1916 par une fabrique bernoise, selon un modèle exposé. La même année, la villa de M. Martin est la première à s'aligner à la rue des Ecoles. En 1919, trois modestes villas sont construites: le no 22 avenue de Gambach, par L. Hertling; le no 29 avenue du Moléson et le no 5 avenue Weck-Reynold par l'entrepreneur Dénervaud. 1920 voit l'élévation de la villa no 28 avenue du Moléson, celle du chalet no 2 rue des Ecoles et celle de la villa chemin de Jolimont 24, par E. Devolz, qui est la première construction luxueuse de l'après-guerre. Le no 3 avenue Weck-Reynold est élevé l'année suivante. En 1922, R. Spielmann construit le no 3 rue des Ecoles. 1923: la dernière parcelle de la rue des Ecoles est occupée et les premières villas s'élèvent au chemin de Jolimont (le no 3 par E. Devolz et le no 4 par G. Meyer). Dans le même alignement, s'élèvent, en 1924, une villa construite par G. Meyer (no 1) et une villa par L. Hertling (no 2). La même année, la villa avenue WeckReynold 1 est bâtie par R. Spielmann. Les dernières constructions voient le jour en 1928: il s'agit de la villa avenue de Gambach 13 par Hertling et Job et de deux villas voisines avenue du Moléson 19 et 23.

La construction s'est développée dans le quartier du sud au nord. L'avenue du Moléson, qui forme la partie supérieure du quartier, reçoit les premières villas. L'occupation, qui culmine en 1905, a lieu sous la forme de vagues plus ou moins fortes. En une seule année, l'avenue de Gambach est presque entièrement constituée et est l'oeuvre en grande partie d'un seul bureau d'architectes. La partie orientale du quartier s'élabore à partir de 1916 (si l'on fait exception de l'Ecole secondaire). La rue des Ecoles compte quatre villas édifiées en deux ans (1923 et 1924). Les villas de l'avenue Weck-Reynold sont bâties entre 1919 et 1924. La partie septentrionale, spécialement l’extrémité de l'avenue du Moléson est lente à se meubler. Après l'édification de la clinique ophtalmologique et du Salésianum, il faut attendre 1911 pour voir s'élever la première villa, le no 18. En 1912, est construite la villa no 25; en 1916, les nos 31 et 37; en 1920, le no 28. Les dernières villas s'y établissent en 1928 (les nos 19 et 23).

Extrait de Pro Fribourg, cahier n° 54, septembre 1982

Le quartier au XXIe siècle

Les différents bâtiments et rues du quartier traversent le XXe siècle sans modifications architecturales importantes ; ces habitations d'époque font l'objet de mesures de conservation et d'une attention particulière en tant que patrimoine urbain de la Ville de Fribourg.

Toutes générations confondues résident dans notre quartier où se côtoient quotidiennement enfants, écoliers, collégiens, personnes actives, personnes âgées ou encore personnes en situation de handicap. 

Lié au contexte international, Fribourg accueille aussi des requérants d'asile hébergés dans diverses parties de la Ville, dans notre quartier également. Pour plus d'informations à ce sujet, se référer à l'article du 12.08.2015 sur le lien suivant : Direction de la santé et des affaires sociales - DSAS.

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